« Entre plus et moins, notre paix se cache souvent dans le juste assez. »
Nous vivons dans un monde paradoxal. D’un côté, on nous vend le désir de tout avoir, comme si le bonheur résidait dans ce que l’on possède. On nous bombarde d’émissions, de podcasts et d’articles sur ces gens qui ont des millions et profitent pleinement de leur vie luxueuse. Et j’avoue (avec culpabilité) qu’une grande partie de moi les envie. Mais de l’autre, on nous invite aussi à faire le vide : à nous départir du superflu, à nous concentrer sur l’essentiel, à adopter un mode de vie plus épuré. Alors forcément, il devient difficile de situer le vrai bien-être entre ces deux concepts que tout oppose. Le minimalisme promet légèreté et liberté intérieure, tandis que l’abondance évoque joie, vitalité et luxure.
Et pour être honnête, j’ai passé les dix dernières années tiraillées entre ces deux concepts. Tantôt je rêve d’une villa à Bora Bora et d’une Corvette, tantôt je me vois partir avec seulement un sac à dos telle une nomade, en Europe, cheveux au vent sur une Vespa. Mais au final, je suis de celles qui consomme pas mal de nature! Je n'ai jamais assez de vêtements, de chaussures, de crayons et d'agendas (mais ça, c'est une autre histoire 😜).
C'est ainsi que, dans ma quête incessante d'introspection, je me suis posée la question suivante :
Comment trouver cet équilibre parfait entre simplicité et richesse, entre minimalisme et abondance ?
Le minimalisme : libération ou privation ?
Le minimalisme est né comme une réponse au trop-plein : trop d’objets, trop de bruit, trop de sollicitations, trop de consommation, trop de stress. Désencombrer sa maison, simplifier ses routines, réduire ses possessions, ralentir — ces gestes sont devenus bien plus qu’un simple nettoyage matériel : c’est plutôt une philosophie existentielle. On se sent plus léger, plus clair, plus présent à soi-même.
Si vous en doutez, essayez : désencombrez un espace. Pas nécessairement un grand — un comptoir, un bureau, même un sac fera parfaitement l'affaire. Le sentiment de bien-être et de satisfaction qui en découle est immédiat. Et il en va de même pour l’esprit : faire le vide mental procure une paix profonde, une vraie zénitude. Mais à force de vouloir posséder moins, certains finissent par s’éloigner de leur véritable nature. Quand le minimalisme devient une compétition silencieuse, une exigence d’austérité ou une source de culpabilité (« ai-je trop ? »), il perd sa vocation première : celle de libérer. Ainsi, la simplicité ne devrait pas être synonyme de privation, mais de retour vers l’essentiel.
L’abondance : expansion ou excès ?
À l’autre extrémité du spectre, on retrouve l’abondance — souvent associée à la réussite matérielle, à la richesse, au succès visible. Mais est-ce vraiment sa nature profonde ?
Et si l’abondance symbolisait la qualité plutôt que la quantité? Peut-être que cette dualité entre les deux concepts n’est qu’apparence. L’abondance peut aussi se vivre dans la simplicité : la richesse d’un repas partagé, la beauté d’un coucher de soleil, la douceur d’un moment sans attente. Quand on la définit ainsi, l’abondance devient complémentaire au minimalisme. Mais l’équilibre reste fragile : chercher à “vivre dans l’abondance” peut aussi devenir une nouvelle course. Lorsque l’expansion se transforme en surstimulation, l’abondance perd sa saveur et redevient excès.
Trouver son propre équilibre
Il n’existe pas de formule magique ni de ligne à suivre pour allier l’abondance et le minimalisme. L’équilibre entre les deux n’est pas un point fixe, mais un rythme personnel, un souffle à apprivoiser.
Voici quelques pistes de réflexion pour expérimenter ton propre équilibre :
- Observer tes besoins réels. Avant d’acheter, de jeter ou de refuser, demande-toi : est-ce que cela me nourrit ou m’encombre ?
- Accueillir la gratitude. Ressens la richesse de ce qui est déjà là. Parfois, l’abondance se cache dans la simplicité.
- Créer de l’espace. Pas pour faire le vide, mais pour permettre au sens, à la joie, aux relations de respirer.
- Honorer les cycles. Il y aura des moments d’expansion et d’autres de retrait. Aucun n’est meilleur — les deux sont nécessaires.
Trouver son équilibre, c’est cesser de vouloir tenir un seul mode de vie. C’est apprendre à danser avec ses contradictions, à s’ajuster selon les aléas de la vie — sans culpabilité.
Le zen du paradoxe
« Être simple sans être vide, riche sans être encombré. »
Peut-être que l’art de vivre dans ce monde saturé d’options consiste simplement à faire la paix avec les contradictions, à accueillir ses paradoxes sans les juger. À comprendre que nous avons parfois besoin de peu pour être heureux, et parfois de beaucoup pour nous sentir vivants. À cesser de trancher entre “trop” et “pas assez” pour embrasser le “juste assez” — celui qui évolue, respire et s’adapte à chaque moment de notre vie, peu importe la saison.
Le minimalisme nous apprend à laisser aller.
L’abondance nous apprend à recevoir.
Et entre les deux, il existe un espace tranquille — cette ligne d’équilibre mouvante, fine, parfois difficile à atteindre, mais ô combien vivifiante.
Pour ma part, je jongle encore à chercher la combinaison parfaite qui convient à ma réalité. Je suis, comme on dit en anglais, en « work in progress ».
Et toi, as-tu trouvé ton équilibre entre l’abondance et le minimaliste ?
Namaste.
____________________________________________________________________________________________________________🌸 Zen et Paradoxe
Un espace pour réfléchir, respirer et réconcilier les opposés. Parce que la vie n’est pas une ligne droite, mais une respiration entre le vide et le plein.
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